Tabac: les cinq mauvaises excuses des fumeurs pour ne pas arrêter

 

Contrairement aux idées reçues, arrêter de fumer procure des bénéfices immédiats importants à tout âge. Il n’est donc jamais trop tard pour renoncer à la cigarette.

 «Arrêter de fumer après 60 ans, ça ne sert plus à rien» ; «De toute façon, si j’arrête maintenant, je vais devoir attendre des années avant de ressentir les bénéfices» ; «Je suis passé de 20 à 5 cigarettes par jour, c’est comme si j’avais arrêté». En matière d’arrêt du tabac, un grand nombre d’idées reçues persistent. Pourtant, les données scientifiques sont très claires: écraser sa dernière cigarette le plus tôt possible est radicalement bénéfique. Même passé 60 ans, cela permet d’allonger l’espérance de vie. Le Figaro démonte cinq idées reçues avec l’aide de plusieurs spécialistes.

 

  1. FAUX: «Il faut attendre des années pour voir les premiers bénéfices.»

Le tabagisme favorise le dépôt de cholestérol sur les parois artérielles, ce qui conduit à la formation de plaques d’athérome. À chaque cigarette fumée, la pression artérielle et le rythme cardiaque augmentent et avec eux, le risque de rupture de ces plaques. Or celles-ci peuvent provoquer un AVC ou un infarctus du myocarde.

Sitôt que l’on arrête de fumer, le rythme cardiaque, la pression artérielle et la coagulation sanguine reviennent à la normale, et les risques associés sont réduits.

«Et même si les plaques d’athérome ne disparaissent pas rapidement, arrêter de fumer permet de stopper leur croissance», explique le Pr Alain Furber, chef du service de cardiologie au CHU d’Angers et président de la Fédération Française de Cardiologie.

  Il y a aussi moins de risque que des caillots se forment. «Le risque que ceux-ci bouchent des vaisseaux et provoquent une thrombose diminue», indique le cardiologue. Enfin, «les spasmes des artères coronaires (celles qui irriguent le cœur), eux aussi susceptibles de causer un infarctus, diminuent aussi.»

Autre point positif presque immédiat: le monoxyde de carbone contenu dans la fumée de cigarette disparaît majoritairement de la circulation sanguine en une journée, ce qui améliore le souffle. Et seulement 48 heures après l’arrêt, le goût et l’odorat s’améliorent et la fatigue s’atténue.

  

  1. FAUX: «Je suis trop vieux, c’est trop tard pour arrêter.»

Les bénéfices précédemment cités ne sont pas négligeables, même pour une personne âgée ou fumeuse depuis plusieurs dizaines d’années. «En un an, le risque d’AVC lié au tabac disparaît, et celui d’infarctus est réduit de moitié: c’est un délai extrêmement court», souligne le Pr Furber.

Ces bénéfices sont encore plus marqués chez les personnes âgées puisque leur risque d’avoir un problème cardiovasculaire est plus élevé que chez une personne plus jeune. Chaque cigarette est donc plus dangereuse à mesure que le fumeur vieillit.

 «En un an, le risque d’AVC lié au tabac disparaît, et celui d’infarctus est réduit de moitié.» Pr Alain Furber, chef du service de cardiologie au CHU d’Angers et président de la Fédération Française de Cardiologie

Les effets sur le système respiratoire se font aussi rapidement ressentir. «Un an après l’arrêt du tabac, le souffle est amélioré», indique le Dr Jean-Philippe Santoni, pneumologue et membre de la Fondation du souffle.

Le risque d’infections diminue également rapidement puisque les défenses immunitaires du système respiratoire se remettent en place.

En arrêtant de fumer à 40 ans, on améliore en moyenne de 9 ans son espérance de vie ; à 50 ans, de 6 ans ; et même à 60 ans, on l’allonge encore de 4 ans. Quel que soit l’âge, arrêter de fumer est bénéfique.

 

  1. FAUX: «Je suis déjà malade, arrêter de fumer n’y changera rien.»

«La plupart du temps, le pilier du traitement est l’arrêt du tabac car fumer nuit aux traitements.» Dr Jean-Philippe Santoni, pneumologue et membre de la Fondation du souffle

 Trop tard, le mal est déjà fait? C’est faux.

«L’arrêt du tabac est nécessaire car la plupart du temps, fumer nuit aux traitements», explique le Dr Santoni. Arrêter de fumer est par exemple indispensable en cas de broncho-pneumopathie chronique obstructive (BPCO). Cette maladie inflammatoire se caractérise par un rétrécissement progressif des poumons et par une obstruction des voies respiratoires, entraînant une insuffisance respiratoire. «Même si on ne répare pas les alvéoles pulmonaires détruites, cela permet au moins de stopper les dégâts», insiste le pneumologue. De même, pour plusieurs cancers, notamment des voies respiratoires, l’arrêt du tabac améliore le pronostic.

 

  1. FAUX: «J’ai tellement réduit ma consommation, c’est comme si j’avais arrêté.»

Il n’y a pas de seuil en dessous duquel fumer ne présente aucun risque. Et si les risques augmentent avec le nombre de cigarettes fumées, même les petits fumeurs sont exposés à un risque cardio-vasculaire loin d’être négligeable. Ainsi, fumer quotidiennement une à cinq cigarettes augmente le risque de maladies cardiaques de 48% chez les hommes, et de 57% chez les femmes. Ce qui représente la moitié du risque encourru par un gros fumeur (20 cigarettes par jour). 

 

  1. FAUX: «Je suis jeune, je ne risque rien pour le moment.»

Même s’ils se sentent hors de danger, les jeunes fumeurs sont également concernés. D’après le Pr Daniel Thomas, cardiologue et président d’honneur de la Fédération Française de Cardiologie, 80% des victimes d’infarctus âgées de moins de 45 ans sont des fumeurs. Ce qui fait du tabac le premier facteur de risque de maladies cardio-vasculaires chez les jeunes.

À chaque cigarette, le risque d’accidents cardio-vasculaires augmente, et ce même si l’on est jeune, et si l’on fume depuis peu. Et plus on s’expose jeune au tabac, plus le risque de développer des maladies respiratoires, des maladies cardio-vasculaires ou des cancers est important. Bonne nouvelle: arrêter de fumer avant trente ans permet de faire quasiment disparaître le risque cardio-vasculaire. Et plus on arrête tôt, plus l’espérance de vie s’améliore.

 

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